mercredi 31 mars 2010

Jeff Andrews lègue une forte dose d’audace au milieu du spectacle


J'ai écris ce commentaire suite au décès tragique de mon vieux pote Jeff Andrews, pour documenter son oeuvre de manière différente. Le Nouvelliste le publie dans son édition du 31 mars 2010
* * *

C’était il y a 20 ans. Trois-Rivières était une ville plutôt morne. Le centre-ville sentait encore la Wayagamack par temps humides et le boulevard Des Forges était d’une tristesse infinie après les heures d’affaires.

Contre tout bon sens, Jeff Andrews, un grand gaillard timide au dehors et un peu nerd - étudiant en recherches opérationnelles à l’UQTR! - croyait qu’il y avait moyen de l’animer avec cette contre-culture qu’on retrouvait dans les grands centres. Que ça pouvait marcher. Même après un concert de Banlieue Rouge où il avait (encore!) mangé ses chaussettes.

Il en a géré des groupes talentueux aux accords de guitares apocalyptiques dont il était le plus grand fan. Genetic Error, champions de death metal, au premier chef, pour n’en nommer qu’un. Un autre, tiens : The Fuzz Washington Band qui n’ira pas très loin. Je n’en parlerais pas si un jeune guitariste de 16 ans du nom de Steve Hill n’en avait pas fait partie. Bien avant le Maquisart, Jeff était l’âme des soirées musicales enfumées du défunt et pas très fréquentable Club Touristique Trifluvien (le Trou, pour les initiés), sur la rue Hart. Et ça marchait!

Trois-Rivières est aujourd’hui une ville de spectacles et d’événementiels. Il n’en est pas le seul responsable, cela s’entend. Mais une ville est un peu vide au plan culturel si elle n’offre que des événementiels léchés commandités par Hydro Québec. 

Ce que le milieu trifluvien du spectacle lui doit, c’est une bonne dose d’audace. Celle d’offrir des spectacles différents, moins connus, plus marginaux. Parfois plus sales, oserons-nous le dire.

C’était le diplomate par excellence, celui qui savait trouver les compromis. Timide le Jeff, mais il savait créer de sacré liens. On est allé ensemble voir des shows à Montréal et à Québec. Plein de monde est allé voir des shows avec lui à Montréal ou à Québec! On n’a qu’à regarder les témoignages qui déferlent sur sa page Facebook pour s’en convaincre.

Le Gros Michel, légendaire portier aux Foufounes Électriques, l’appelait par son prénom. Il avait ses entrées chez Donald K. Donald pour qui il présentait des concerts à Trois-Rivières. Il était bien fier de me raconter la fois où il avait usé de ses contacts auprès du producteur pour permettre à un journaliste du Nouvelliste de rencontrer son idole, Rod Stewart en arrière-scène. Un grand homme qui avait le bras long!

Aujourd’hui, je suis en deuil de certaines années folles et d’un bon nombre d’articles que je n’aurais pu écrire sans sa complicité.

3 commentaires:

  1. Merci Hugo d'écrire sur Jeff. Bien que je l'aie peu connu je garde de lui et de sa famille au complet le meilleur des souvenirs. Quelle famille pleine de sagesse où l'on se sent toujours chaudement accueilli!

    J'aimerais pouvoir leur donner mes sympaties si jamais tu peux m'aider à trouver comment, où et quand...

    Merci, Daniel Pépin

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  2. Salut Daniel!
    Je ne l'ai pas connu si intimement non plus, et je tenais à partager ces souvenirs plus lointains. Fais-moi signe si t'as toujours rien trouvé.
    Sa soeur Nancy est sur Facebook.

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